" J'ai quelque chose dans mon oeil.. Oh, c'est mon doigt. " [ Loraine - sous le coup de la fatigue ].

" J'ai quelque chose dans mon oeil.. Oh, c'est mon doigt. " [ Loraine - sous le coup de la fatigue ].

Un blog, c'est quoi ?
- Inutile ?

Alors, Au revoir.



Mlle-An0rmale, c'est fini. Merci à ceux qui ont aimé ce que j'ai fait, au 36 généreuses personnes qui m'ont nommée dans leur Blog Favoris et à ceux qui m'ont encouragée.

Peut-être que je ferais un article de clôture un peu plus glorieux. Ou peut-être que Mlle-An0rmale reviendra un jour.


Je suis . : D

Et oui, j'ai déménagé sur Blogspot. Et c'est très bien. (:



J'aurais voulu faire ( presque ) mieux, comme article de clôture. Mais bon, ça fera l'affaire, finalement.
Je ne fais pas des tonnes de mises à jour sur Blogspot, mais le blog est plus actif là-bas.
De rien. (:

Image : Leila et moi, pour un petit coup d'été.

JE RECOMMENCE AUSSI SUR SKYROCK. FINALEMENT. J'aurais préféré éviter, mais bon.
Bises !

# Posté le mercredi 06 février 2008 13:03

Modifié le lundi 05 octobre 2009 14:54

Bérurier Noir <3

 Bérurier Noir <3
Aha. Mais qui est Mlle-An0rmale ?

* Tadaaaaam *
( roulement de tambours, si jamais je le faisais mal.. )


J'aime l'odeur de la crème pour les mains qu'utilise la dame assise à côté de moi dans le bus ; Employer les mots "accessoirement", " Glorieux ", " Ou pas " et " Quoique " ; boire un chocolat chaud dans un café ( même si ça peut faire ringard ) ; la chanson Seize the Day de Wax Tailor qu'on peut entendre dans le film 'Paris' ; Recevoir des lettres par la poste ( et oui, ça existe encore, les gens comme ça ); « Le fabuleux Destin d'Amélie Poulain » ; Les répliques des héros dans les dessins animés pour gamins. Répliques que, dans la vraie vie, t'aurais pas idée de sortir à ce moment-là. « Oh, j'ai toujours su que les filles avaient un faible pour moi" dixit ( on sent mes notions de latin ) le héros alors qu'un immense monstre femelle va le bouffer ; Les vieux vinyles de mes parents ; Le piano ; L'Afrique et les six mois que j'y ai passé ; J'aime les blagues nulles du mec qui est assis à ma droite en cours ; Le percussionniste de Yoanna ; et pleins d'autres choses.

Niveau musique ( ben oui, tout d'même ) Je citerai :

- The Clash - The Kinks - Pete Doherty - The Libertines - Babyshambles - Les Têtes Raides - The Wombats - The Beatles - Déportivo – AaRON - Muse - Yann Tiersen - Les ogres de Barback - la rue Ketanou - Renan Luce - Muse - Riké - Moonraisers - Sinsemillia - The Kooks - Yoanna - Face à la mer ( non, pas la chanson de Calogero et l'autre Msieu ) - le cd " Un air, deux familles" - et autres.. ( :

Vous avez certainement déjà une opinion de moi.

" Mlle-An0rmale elle est anti-sociale/ Sur MSN elle met un point à toutes ses phrases/ elle fous toujours un smile '(:', comme si elle était vachement concernée-heureuse-hypocrite-normale ( rayez les mentions inutiles )/ Elle est polie/ Elle pose des questions bizarre/ Elle ressemble à une fille modèle et sage / ( "Je l'ai déjà bloquée.." --' ). "

AHA. JEANRIS. Et ben laisse moi te dire que je suis parfois vulgaire/ que niveau perversité je me trouve bien haut/ que je ramène ( limite ) tout à moi/ Que si tu parles peu, je t'imite / Que parfois je me retiens de dire certaine chose pour faire bonne impression/ et que je suis complètement malade-sympa-horrible-normale ( de nouveau, tu peux rayer les mentions inutiles )/ je n'exprime jamais mes sentiments de manière ouverte. ( sauf pour Leila et Lorna. TMTC3iiY ).


Pour une fois, tu peux me voir en photo. ( ça changera presque de mon lobe d'oreille ).
Oui, c'est ENCORE une photo de moi. En même temps, l'article me présente, alors navrée si c'est pas une photo de fougère.



Et ben voila, comme ça vous savez qui je suis. ( et vous en êtes tous heureux, je suppose ).

# Posté le dimanche 17 février 2008 05:39

Modifié le lundi 13 juillet 2009 13:17

L'image n'a rien à voir, mais avec leila, on est souvent comme ça.. (A)

 L'image n'a rien à voir, mais avec leila, on est souvent comme ça.. (A)

Ce texte est spécial. Il a été écrit via MSN par Leila et moi, chacune son tour, pour donner un récit final.


ça fait déjà un petit moment qu'il a été écrit. Mais je l'aime bien. (:


texte d'auteurs :

« Mon c½ur est un salaud », déclarai-je entre deux sanglots. Je ne pouvais l'obliger à l'oublier et cela redoublait ma rage, qui pourtant était déjà à son apogée. Je savais ce sentiment malsain, mais je ne me résignai pas à y renoncer. Toute fausse man½uvre de ma part pourrait me mener l'abandon de ma propre personne.
Mais cela ne changeait rien à la situation. J'étais bel et bien dans la merde.
J'avais vainement tenté de me changer les idées, mais rien n'y faisait. Mon enfoiré de coeur n'en avait pas décidé ainsi, et, malheureusement, c'était lui qui commandait.
" tu ne manges pas ? " Me demanda ma mère.
Je lui jeta un regard en biais. Elle le voyait bien. J'avais laissé pourrir ma soupe au fond de mon bol.
" tu devrais, ma chérie" ! Renchérit ma mère, rapprochant le bol de ma main d'un geste furtif.
" va chier " Murmurais-je, les dents serrées.
Ma mère prit un air indigné. Elle ne comprenait rien à ce qu'il m'arrivait. Elle ne pouvait pas le comprendre, car moi-même je n'étais plus sûre de rien, alors son air supérieur, elle pouvait se le garder, rien à faire. Tout me laissait indifférente, de toutes façons.
" mais, chérie, tu ne veux même pas du pudding" ? s'enquit ma mère.
C'en était trop. Mon poing frappa la table et fit déborder quelques gouttes d'eau de la carafe.
" Je t'ai dit de me foutre la paix, Maman".
Elle ferma les yeux, respira un grand coup. C'était partit pour la leçon de moral. Mais je n'en avais pas besoins. J'avais besoins de réconfort.
Mais ma mère ne le comprenais pas. Elle ne comprenais rien, comme tous les autres.
Avant qu'elle n'aie le temps d'ouvrir la bouche, je me levai et partis en silence. Des larmes salées avaient commencé à couler sur mes joues, je ne voulais pas qu'elle voit ça. Etrangement, je n'avais pas envie de m'expliquer. Elle n'aurait pas su me réconforter, de toutes façons. Personne ne le pouvait.
Je fis claquer la porte de ma chambre à plusieurs reprise. Boum. Pour que ma mère comprenne que j'en pouvais plus. Je m'assis, recroquevillée sur moi-même. J'attendais que ma mère prenne son rôle maternelle au sérieux et qu'elle vienne me câliner. Les minutes passaient. Elle ne venais pas. Patience usée, je marcha d'un pas lourd à la cuisine. Des sanglots s'en échappaient.. Je m'approchai doucement. Ma mère. Elle se plaignait de moi à mon père, comme quoi je ne la respectais pas, que je n'éprouvais pas d'affection pour elle... Décidément elle ne comprenais rien à rien. J'avais juste besoin d'autre chose que ce qu'elle daignait me donner. Ma blessure ne se soignerait pas à coups de soupe. Mon coeur battait dans ma poitrine, essayait de prendre de la place. Mon coeur. Ce salaud. Il ne faisait que de nous maintenir en vie. On dis " J'ai mal au coeur" alors que c'est au ventre. On dit " tu restera à jamais dans mon coeur" alors que les souvenir restent logés dans notre cerveau. Le coeur est un imposteur.
Je m'approchai doucement. Mon portable sonna ; C'était lui qui osait encore m'appeler. Je ravalai mes larmes, et décrochai. Je pris la paroles, sans rien laisser paraître de ma douleur:
"Qu'est-ce que tu me veux? J'étais occupée."
Il resta sans voix. Je suppose qu'il comptait encore se moquer de moi, mais j'avais retenu la leçon.
" tu fais quoi " Hasarda-t-il.
Je voulu lui répondre que je pensais à lui, que je crevais de son manque d'attention mais je me tu.
" va chier" répondis-je hostilement.
C'était dorénavant ma réplique. Celle qui fusait dans les moments de colère intense. Encore une fois, il était pris au dépourvu. Autant avouer que j'étais fière de moi, même si je n'avais qu'une seule envie: entendre sa voix, même si je savais que ses mots n'étaient que mensonges, j'aimais l'écouter rire et parler. J'aimais son léger accent du sud, j'aimais ses expressions... Mais je ne devais pas. Alors, m'interrompant dans mes pensées, il me dit enfin:
"Bon, écoute... Je suis désolé. Tu comptes tellement pour moi, j'espère que t'en es consciente."
J'aurais aimé le croire. De tout mon connard de coeur, j'aurais voulu lui faire confiance, encore une fois. Mais c'était impossible. Je fus reprises de sanglots. J'eus à peine la force de lui murmurer de me lâcher, puis je raccrocha. Dans la cuisine, ma mère et mon père me regardaient. Ils se tenaient par la main.
" lâchez-vous, ça me dégoûte". Grinçais-je.
C'était trop d'amour. La cuisine en était remplie. ça puait l'amour. C'était nauséabond.
Je sortit de l'appartement en courant. Trop de pression. Trop d'amour. Dans la rue, je m'arrêtai sec. Je ne voyais que les couples, il en avait partout. ça grouillait de couple débordant d'amour. Je poussai un cri. Un long cri de détresse. Quelqu'un s'approcha de moi.
Je me retournai violemment. Evidemment, c'était lui. Il allait payer. Payer pour toute cette souffrance. Son visage d'ange ne me calmait pas, bien au contraire. Il tenta de me parler, mais je n'écoutais pas. Plus jamais je ne l'écouterais, c'était décidé. J'étais dans un rare état de rage, mes jambes chancelaient. Je lui assénai une gifle retentissante. J'y avais mis toute ma rage et ma ranc½ur, mais cela n'avait pas suffit à me calmer. Il passa sa main derrière ma nuque et m'embrassa. Je me débattis. Je le giflai une deuxième fois en criant " Je te hais, Je te hais ! ". Il me pris dans ses bras, tout contre lui. Je continuais de hurler que je le haïssait en sanglotant. Ma voix descendit d'un ton. Puis se fit de plus en plus douce; je me contentais de murmurer " je.. te...hais" en reniflant blottie dans ses bras. Je pleurais toutes les larmes de mon corps. Il ne disait rien, se contentant de me serrer contre lui. Le pire, c'est que ça m'apaisait. Mon cerveau me mettait en garde contre lui, ce n'était pas quelqu'un de bien, j'allais encore souffrir. Malgré tout, mon coeur me poussait en sa direction d'une telle force que je n'eus pas le courage de lutter. Je me reculai alors un peu, pour pouvoir me noyer dans son regard bleu azur. Il abordait cet air d'être envoyé du ciel qui me faisait fondre. Je savais que je faisais une erreur. J'en étais tout à fait consciente, mais le regarder dans les yeux m'avait perdue, il était trop tard. Je dis alors, d'un souffle:
"Je t'aime..."

# Posté le samedi 21 juin 2008 10:52

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 09:39

Voila voila. x)

  Voila voila. x)

Bonjour les gens. (:

Va suivre un texte que j'ai écrit pour elle*. je suis consciente que mon texte porte sur un sujet qui lui tient beaucoup à coeur. Mais avec son accord, je le publie. ( Merci Lorna. <3 ). Je me permet cette petite parenthèse : Oui, la photo ( qui as été prise, joyeusement, par Leila et moi ) n'a strictement rien à voir avec l'article. A moins que vous vous éclatiez à trouver un rapport, mais, après tout, on s'occupe comme on peut. Voila.
Ce texte, je ne sais pas trop ce que c'est. Je pense que ce n'est qu'un bout d'un texte plus long que je continuerai, sûrement,un jour.
Ou pas.


13 heures 38. Lorna ne s'inquiète pas. Elle sais que Loraine, son amie, a un talent prodigieux pour rater de plusieurs minutes l'heure de rendez-vous qu'elles se fixent. Depuis le temps qu'elle la connaît, deux bonnes années, elle a pris l'habitude de poireauter, assise sur un banc, agressée par le regards des passants.
Le regard des autres. Une chose que Lorna avait de la peine à comprendre. Pourquoi avoir une dégaine de dégoût lorsqu'une personne ose se montrer différente ? Pourquoi tant de haine et de critiques alors que de l'admiration serait bien plus appropriée ? Car, ces personnes là, ont le courage d'affronter les commentaires des autres ?
Et toutes ces critiques rien que pour la musique que l'on écoute. Lorna en est servie, pour ce rayon là. Elle essaye de chasser les mauvais souvenirs en se concentrant sur un bout de fil rebelle qui dépasse de sa jupe. Elle tire un coup dessus, pour le briser mais ne fais que de l'étirer. Le fil noir lui arrive alors à mis mollet et se fait de plus en plus voyant. Elle l'enfouis sous sa ceinture, décidée à ne pas se prendre la tête pour un détail si futile.
13 heures 43. Lorna essaye de canaliser toute son attention sur le bout de ses chaussures. Des converses rayées noires et blanche dont elle avait longtemps rêvé. Elle les a reçues comme cadeau, de la part d'un jeune homme. De sa part.
Le ventre de Lorna se serre, sous le coup de la nostalgie. Elle se replie un peu plus sur elle même, ferme les yeux et replonge dans ses souvenirs, ceux qu'elle garde au plus profond d'elle même, ceux qu'elle refuse d' oublier une fois pour toute. Elle lutte pour ne pas pleurer. Pas maintenant ; Pas pour lui.
Mais au fond d'elle même, elle ne peut s'empêcher de repenser à tout ça.

Ses pensées filent à une allure spectaculaire. Rebondissant contre les bords de son crâne et le percutant de pleins fouet. La douleur se fait de plus en plus aiguë. Ses souvenirs se font de plus en plus cruels, lui tirant de grosses larmes salées. Puis ils atteignent son c½ur et le pétrissent de tout le poids qu'ils ont. Ils commencent une descente périlleuse jusqu'à l'estomac qu'ils compressent avec force, lui arrachant un gémissement de douleur. Ses souvenirs se séparent et s'estompent peu à peu, la laissant ainsi recroquevillée sur elle même et, ensuite, font place à d'autres qui la poignardent à nouveau.



Et là, elle se revoit.
Elle est assise à son bureau.
Devant elle, son écran d'ordinateur est en veille, et pour cause, elle ne l'a plus touché depuis une bonne demie-heure. Il suffirait d'un mouvement de souris pour laisser place à la page blanche de word. Elle n'as écris qu'un mot. Un seul minable mot qui la hante depuis des mois.
Si elle fouille au plus profond de ses souvenirs, elle est toujours capable de ressentir la sensation de ses doigts fébriles qui cherchent les touches sur le clavier. Loraine lui avait conseillé d'écrire avec son c½ur mais pourtant, elle n'arrivait à rien.
« Ce n'est pourtant pas compliqué bordel ! Il suffit de taper des mots sur ton clavier, Lorna. Des mots d'amours, des mots qui sonnent bien ! » Pense-t-elle.
Mais elle a beau écrire des mots, ce ne sont pas ceux qu'elle veux. Ces mots à elles n'ont pas de sens. Il ne s'emboîtent pas l'un dans l'autre, ils ne donnent pas une phrase qui exprime tout ce qu'elle ressent. Elle tape un grand coup sur son clavier et, par erreur, ferme sa page. Elle fulmine mais ne se décourage pas pour autant.
Elle en ouvre une nouvelle et retape de ses doigts tremblants ce prénom qui l'obsède tant, ce prénom, dont elle se souvient encore aujourd'hui.
« Kiro ».


Somewhere Over the Rainbow. (': merci à SIDNEY. ( voila. )



# Posté le lundi 01 septembre 2008 12:01

Modifié le mercredi 10 décembre 2008 08:30

Dessin : Anne-Laure, héroïne de l'histoire.

L'autre jour, ma mère m'a fait une remarque. " Tu n'a pas peur qu'on te vole tes textes ? Un copier/coller, c'est si simple".
Et elle à raison. oO Je ne dis pas que ce que je fais est trop-hypra-méga-ultra-génial et que quelqu'un s'empressera de me le piquer mais il vaut mieux faire gaffe. Pour ça, je publierai que le premier chapitre de ce texte. ( Qui au final, devra faire entre 2o et 3o pages ).



Et si vous n'aviez jamais existé ?

Un.


« Merde, j'ai oublié mes lunettes ! » Remarquais-je alors que j'avais déjà entamé la moitié du trajet. Cela faisait bien dix minutes que je marchais en direction de l'arrêt de bus numéro deux et je m'en rendais compte seulement maintenant.
« Quelle gourde » pestais-je contre moi-même. Il était trop tard pour faire demi-tour. Ma séance de cinéma commençait dans une demi-heure et le trajet du bus me prendrait le tiers de ces précieuses minutes.
Alain allait encore m'en vouloir, si j'arrivais en retard. Et ça, je ne le voulais pas.
Des frissons montèrent le long de ma colonne vertébrale lorsque je me remémorai la dernière crise de mon copain ; une goutte coula le long de ma tempe lorsque je revis l'image de ses mains s'abattre sur mon pauvre corps meurtri par les coups asséné quelques instants plutôt ; je me mis à trembler, comme prise d'une forte fièvre quand je me souvins de ses paroles. « Tu va voir un autre homme, hein, petite garce. Je ne te suffis pas ? Il faut donc que tu ailles montrer ton cul ailleurs ? » Puis, un autre coup, porté au ventre rajoutant de la douleur aux mots si crus et durs qu'il avait prononcés.
Je du m'arrêter au plein milieu de la rue car la nausée me prenait.
Je me posai contre un muret pour ne pas succomber aux vertiges. Revivre ces instants me déstabilisait ; tout tournait autour de moi. Les voitures prenaient des dimensions colossales et j'eus l'impression que tous les passants riaient en me narguant comme pour me dire « tu n'avais qu'à pas tomber amoureuse de lui, ma pauvre ».
Je me pressai les tempes du bout des doigts. « Calmes-toi, Anne-Laure, calme-toi. Tout ira bien cette fois. Il ne te frappera pas. Il t'aime » et je tentai de reprendre mes esprits.

Non, je ne voulais pas arriver en retard si Alain m'attendait. Je regarderai donc ce film sans mes lunettes, au risque de ne rien y voir. Je préférais perdre le fil du film qu'une partie de mon visage sous les coups.
Je me remis à marcher, titubant de temps en temps et l'arrêt de bus m'apparût bientôt.
Je pris mon ticket machinalement, appuyant avec force sur chacun des boutons.
Un ticket tout Genève ; Trois francs. J'insérai ma carte pour payer.
Le bruit m'avertir que l'argent dû avait été retiré mais aucun ticket ne sortit.
-Saloperie ! M'entendis-je crier à voix haute. Je me mis à frapper du point sur la machine qui refusait de cracher ce ticket. Je m'acharnait en la traitant de tous les noms, même si s'était parfaitement inutile et je débitai un tissu de grossièreté qui me faisait un bien fou.
La machine émit un bruit sourd et un ticket sorti. Je l'arrachai presque et le fourrai dans mon porte-monnaie, la mise grise. Je tournai le dos à la machine et j'émis un petit bruit de satisfaction à la gloire ticket enfin obtenu.
J'eus l'impression d'attendre tellement longtemps ce foutu bus, que je sentis la fine pluie se cristalliser dans mes cheveux. Ce froid m'anesthésiait, j'avais l'impression d'attendre le bus et en même temps, d'être autre part, à quelques mètres, en train de contempler la pauvre fille que j'étais, torturée par de cruelles pensées qui avaient laissé des traces sur mon corps...
Alors que je commençais à imaginer un scénario improbable se déroulant quelque part dans les rues de Genève, le bus tant attendu apparut au croisement ; le crissement des pneus suffit à me sortir de ma rêverie et, agacée, je montai me réfugier dans la chaleur du trajet.



Je m'assis sur un vieux siège dont le dossier avait été en partie privée de sa mousse. A la place, sur le plastic brun, on pouvait lire « Je t'aime Marine » et « nik ta mer .» Je fut prise d'un léger rire quant à l'orthographe de ce dernier message.
« Les jeunes, de nos jours... Ils ne savent plus quoi faire pour avoir un peu d'attention. Satanée société » pensais-je sans quitter l'affreux et comique nik ta mer.
Devant moi, un vieil homme était assis, accompagné de sa femme ; Une vieille dame, cheveux blancs, remontés en chignon sur son vieux crane ridé, habillée avec un certain goût de luxe et dans ses bras, un affreux petit Pékinois aux poils soyeux.
Quant à son mari, il abordait une vieille Parka et sous sa peau tombante, faute aux rides, se dessinait un sourire.
Je souris à mon tour. Ils étaient beaux, ensemble. Ils devaient vivre l'un avec l'autre depuis plus de quarante ans et devaient être mariés – sous les vieux doigts ridés de la femme, je crus deviner une alliance.
Assis à l'opposé des octogénaires, un jeune homme visiblement en phase de rebellions parentale était assis et prenait à lui seul deux place, sans le moindre gêne visible. Ils portait un grand jeans large, troué de partout, par effet de mode, un gros sweat-shirt dont la capuche était remontée négligemment sur ses cheveux coupés courts et il tenait dans la main son portable duquel une musique de sourd se faisait entendre.
Je tendis l'oreille pour intercepter les paroles.

« LiM j'sui un d'ses haineux vénéneux ingénieu avec la Smirnof
Kalashnikov
Dans la rime v'la le crime dans la firme
Victime prend tes dream et ta team
Et casse toi d'la j'représente les Kaïra
Moi c'est LiM khoya
Fais fumer ta Hiya
Nique lui sa mèree, Nique lui sa...
»

Je me redressai, comme pour vérifier que j'avais bien entendu ces paroles obscènes.
Ce fut comme si le jeune avait remarqué mon manège : il augmenta le son de son portable et prit un air supérieur.

Mon regard retomba sur le vieux couple. Et, sous la souffrance, une question me vint : Est-ce qu'à quatre-vingt ans, je serais toujours avec Alain ? Serons-nous encore un couple qui s'aime ? Me frappera-t-il toujours ?
Je fus reprise de ces vertiges habituels. Je m'agrippai à mon siège, enfonçant mes doigts dans la mousse poisseuse, cherchant à éviter l'effondrement. Je posai ma tête contre le dossier et cherchai à respirer plus facilement.
« Il t'aime. Tu l'aimes. C'est un type bien, Alain. » Me souffla une voix qui devait être mon subconscient. « C'est un homme intelligent. Il est apprenti médecin. Il aime lire et dessiner. » Continuais-je à me résonner.
Puis ce ne fut plus mon subconscient qui me parla mais j'entendis la voix d'Alain, me réciter, comme lors de cette sale journée pluvieuse, ces paroles crues : « Si je te frappe c'est que tu n'as pas été sage, Anne-Laure ».
Il m'avait parlé comme à une gamine, à une gosse qui aurait brisé un vase en jouant dans le salon. Ensuite, les coups avaient repris, plus fort et le mouvement avait pris une certaine cadence. Je me retins de crier en me remémorant ce moment. J'étais dans un bus, entourés de personnes, et je doutais que de voir une jeune femme geindre à la mort sur son siège dépiécé soit un agréable spectacle. Je réouvris les yeux. Ma crise devait être passée inaperçue, aucune personne de me regardait avec un air affolé.
Je respirai et expirais à un rythme régulier.

- Il faut descendre, mademoiselle. Le terminus est plus tôt que prévu, il faut prendre un autre bus. M'appris une femme entrant dans la quarantaine, m'extirpant de mes sombres pensées. Je lui souris faiblement et la remerciai.
Je me levai, dépoussiérai ma veste d'un geste de la main pour balayer les particules de mousses et sortit.
Le froid me saisit d'un coup, par surprise. Je fit un mouvement de recul et resserrai mon écharpe autour de mon cou gelé par la température hivernal.
La femme qui m'avait signaler le changement de bus marchait quelques mètres devant moi. Elle avait une grâce sans égal, son sac Vuitton à l'épaule qui se balançait au rythme de sa démarche et ses longues bottes en cuir brun martelaient le sol émettant un claquement à chaque pas.
Mes doigts étaient encore engourdis des crispations que j'avais connues quelques minutes plus tôt et devenaient translucide ; le froid était sans pitié.
« Dans combien de temps ce foutu bus arrivera-t-il ? » maugréais-je à mon intention.
Je soufflai un peu de buée, gonflant les joues et expirant avec exagération ; « Si Alain m'avait vu faire ça, il aurait ris. » songeais-je.
A cette pensée, une lumière clignotante s'alluma dans ma tête ; Alain ! Si ce maudit bus n'arrivait pas bientôt, je serais en retard à notre rendez vous.
Je pris une grande inspiration d'air froid et, en quelques enjambées, je rejoins la femme qui marchait devant moi.
- Excusez-moi, Madame, mais savez vous quand le bus arrive ?
Elle fit mine de réfléchir et plusieurs vilaines rides se créèrent sur son front. Cela ne l'embellissait pas mais je doutais que ça soit le moment de lui faire cet aveux.
- Peut-être que c'est ce bus « Réservé » qui va arriver ? Suggéra-t-elle en me montrant du doigt le véhicule qui approchait.
- Sûrement. Murmurais-je, les lèvres gercées par le froid tenace.

Le bus noté « Réservé » s'arrêta à l'arrêt dans un crissement de pneu sourd. La femme appuya sur le bouton, d'une manière gracieuse, et nous apparût alors un vieux chauffeur dégarnis couronné d'une casquette signée de l'initial de la compagnie des Transports Publiques Genevois. Il nous fit un sourire, nous offrant la vue de ses deux dents manquantes, et demanda d'une voix râpeuse :
- Alors, mes jolies d'moiselles, en quoi j'peux vous aider ?
- Nous aimerions savoir où va votre bus.
- Et bien, mes cocottes, je conduit le bus numéro deux ! nous informa l'homme qui se voulait être charmeur.
Je le remercia poliment et je partis m'asseoir près d'un radiateur. J'y collai mes mains, maugréant qu'il devrait faire plus chaud dans ces maudits bus.
Le véhicule démarra et je crus entendre le vieux chauffeur s'écrier « En route les cocos !»

A l'arrêt suivant, une jeune femme monta et vint s'asseoir à mes côtés. Elle sentait, empestait, le parfum bon marché. Je me concentrai pour ne pas vomir.
« Courage, t'y est bientôt » me murmura mon subconscient qui avait l'air de s'être réveillé. Je regardai par la fenêtre, tournant le visage à cette pauvre femme, évitant ainsi l'odeur nauséabonde.
Dehors, la neige avait commencé à tomber. De petits flocons, se collaient à la vitre et fondaient immédiatement, se transformant en gouttes d'eau, dégoulinant lentement.
« Comme nous . » Pensais-je.
Au début, on est beau, insouciants. Chacun de nous est différent, beau à sa manière. On va où l'on veut, on se balade, on découvre. Et puis, un beau jour, on se met à tomber. On dégringole, on chute sans s'arrêter. Et pour finir, on s'écrase, lamentablement, sur le sol. Il est trop tard. On disparaît, petit à petit, pour notre entourage, pour la société ; Comme un flocon.
Je secouai la tête comme pour chasser ces comparaisons stupides de mon esprit.
Je collai mon visage encore un peu plus à la vitre.
Malgré le froid, la rue grouillait de pétions. La nuit commençait à tomber et les lumières de la ville s'allumaient les unes après les autres. Je guettais le dehors comme une enfant émerveillée par le spectacle extérieur.
Et tout d'un coup, le bus sembla s'ébranler. Une secousse m'obligea à me remettre droite sur mon siège. Je serrai mon sac contre moi et scrutai le reste du bus.
Personne n'avait l'air d'avoir remarquer quoi que ce soit.
Le chauffeur se mit soudain à conduire plus vite, du moins, c'était la seule raison valable que je trouvais pour expliquer que le véhicule avait doublé sa vitesse de circulation.
Au dehors, les lumières de la ville n'étaient plus qu'un tourbillon de couleur diverses.
Je m'enfonçai encore un peu plus au fond de mon siège.
Autour de moi, personne ne semblait déranger par la vitesse que l'on prenait.
Les deux filles en face de moi parlaient toujours du dernier film où Johnny Depp interprétait un vaillant pirate et le vieil homme debout au fond du bus n'avait pas arrêté de luter contre la maladie qui le rongeait, s'appuyant sur une cane de bois.
Mais le bus ne ralentissait pas. « Au contraire, il continue d'accélérer » me rendis-je compte.
Mes yeux ne purent rester ouvert lorsque je vis que le bus maintenait la même direction ; tout droit vers la façade d'un vieil immeuble. Le bâtiment devenait de plus en plus net, je pouvais maintenant distinguer ses contours, ses fenêtres ; Et bientôt ses briques. Mais il sera trop tard.
Je n'entendais plus aucune paroles ; le son des pneus crissant sur le bitume englobait tout son.
Je voulus crier mais je ne réussis pas. Je voulus avertir tous ces pauvres passager du bus que dans quelques minutes, ils mourront tous, dans la douleur et le sang, écrasé contre le mur de cette vieille bâtisse, mais je me tus ; j'attendais l'impacte. Le bus s'ébranla une nouvelle fois, plus brutalement que la première.
Et puis, plus rien.





Oui, c'est cruellement long. Bravo à vous si vous avez tout lu (:
Et merci à Alexis pour m'avoir aidé, à Leila pour son avis, à LiM pour les paroles ( superbes xD ) de sa chanson, au bus "Réservé" que j'ai pris la dernière fois, A Johnny Depp et aux machines qui prennent ton argent sans ticket en échange.




# Posté le mardi 30 septembre 2008 14:17

Modifié le samedi 06 décembre 2008 05:42